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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 19:20

 

 

 

Tour du Canton – 2ème étape à Veigy-Foncenex 

CAP ou pas CAP !

 

Il y a Marguerite qui n‘en a pas cru ses cornes. Et puis Pâquerette qui a bien eu l’impression que ses pis allaient se mettre à « tourner du lait »… Qu’est ce que c’est que tous ces hurluberlus en short et baskets immaculées qui courent à qui mieux mieux sur leur chemin ?

- « FOIN de d…, c’est qu’y en a un paquet ! » meugle la Clémentine du fond du champ.

En effet, ça n’en finit plus. « Mais qu’ont-ils donc tous ces humains à courir comme ça ? »

- « Quelle mouche les a piqués ? » beugle Pâquerette.

Non Mesdames les Vaches, Tsé Tsé n’est pas la responsable. La cause pourrait être assimilée à un virus : celui de la CAP*. Rien à voir avec la « Hachin Nain Nain » Non, d’ailleurs aucun vaccin n’existe pour la CAP et quand on est touché, c’est sérieusement.

D’ailleurs, pour se soulager, on organise des rassemblements et on court en groupe : ça fait du bien, paraît-il. C’est pour ça qu’ici, il y a un petit groupe de Veigycien(nes) qui a eu besoin de se soigner et d’accueillir d’autres malades. C’est un virus qui est d’ailleurs très répandu puisque 1700 contagieux venus de Suisse ont répondu à l’appel mercredi dernier. Ce nouveau groupement a été nommé « Tour du Canton – 2ème étape ».

Depuis des mois, nos Veigycien(nes) se préparent, se réunissent, prévoient, organisent avec ferveur. La fièvre de la CAP les a surpris et ils arpentent haletants le parcours choisi avec soin en vue de leurs futures agapes. « Oui, c’est par là qu’il faut les faire passer, là par les Vannées, puis les Grands Champs, les Bougeries.. et puis pourquoi ne pas faire un tour par Foncenex et revenir par la Poulaillère… ».

Top là : c’est décidé pour un parcours de 8’150 m, départ et arrivée au stade.

La manifestation est alors sectorisée en différents domaines : parcours, village, sécurité, parkings, communication. Tout est soigneusement pris en main, étudié et haché menu par les responsables qui, régulièrement tiennent un compte-rendu de leurs travaux, sous la houlette des 2 chef(fe)s de file, le bien nommé, Président et la bien aimée, Suzon.

Au fur et à mesure, le temps se resserre autour de L’EVENEMENT de l’année, voire du siècle. Les réunions se succèdent, les préparatifs s’organisent. Le nombre de bénévoles n’est pas en reste car nombreux sont ceux qui se proposent pour honorer cette journée héroïque.  

Enfin, le jour J se présente. Depuis le matin, chacun s’affaire à sa propre tâche dans la bonne humeur. Malgré tout, ce n’est pas le moment de traîner. Penser à tout, ne rien oublier. Chouette, après toutes ces semaines de réunions, de concertations, de décisions, on va pouvoir être « soulagés » : ce soir, ce sera fini, on sera bien. Tous les « malades » seront contents. Et nous aussi. Enfin on l’espère…

Alors que les heures défilent gentiment, le moment du goûter approche et les premières voitures aussi. Les gentils coureurs venus d’outre frontière commencent à déambuler et découvrir les installations du village. Ce n’est pas le club Med mais ça y ressemble : un chapiteau, des tentes, des chaises (beaucoup de chaises), des tables, à boire, à manger… Un Club Med à la gauloise nimbé de joyeuses volutes de fumée qui sentent bon le barbecue… Miam miam.. On commence déjà à s’y sentir bien.

Les coureurs affluent. Le soleil essaie de tenir le coup. Il y a du vent à décorner un bœuf (pardon Mesdames les Vaches). D’un seul coup, le stade est envahi par une marée humaine compacte qui tourne, tourne sur les gravillons rouges… Cet endroit d’habitude si tranquille se retrouve soudain recouvert par une horde de shorts et de baskets. On ne voit même plus la couleur de la pelouse. C’est impressionnant. Par-dessus la masse, on distingue même la chaleur humaine qui s’élève… Ou alors serait-ce l’Aura?

Gentiment, la foule se déplace en groupes précis et les premiers s’ajustent sur la ligne de départ. 19h43. On attend. Patiemment. 19h45. Pas de départ : il ne peut être donné tant que le bus des TPG n’est pas arrivé et n’a pas dégagé la piste. Un silence de plomb s’abat sur la populace. C’est le suspens tenu en haleine : près de 2000 personnes attendent en guettant un bus banal qui n’arrive pas. La bise souffle, les mâchoires se contractent, les dents se serrent. Si ça dure, sûr que le chauffeur risque le lynchage… Encore silence. Enfin : L’ombre de la carcasse du bus arrive. Stationne. Puis finalement se dépêche de repartir (le goudron et les plûmes n’étaient pas loin !).

On peut y aller.

4 - 3 -2 - 1. PAN !

C’est un moment important. Monsieur Le Maire peut souffler dans le canon de son pistolet fumant. Départ est enfin donné.

C’est alors le déferlement. Sous la voix du chroniqueur de course, tout ce petit monde démarre, se suit, se poursuit, se double, se redouble. La file interminable de coureurs s’allonge sous les yeux des spectateurs pour se désintégrer finalement dans l’ombre de la route.

Petit à petit, le calme revient dans le centre du village. Le temps ici s’est arrêté : on souffle et le vent lui aussi souffle encore et encore. Il n’a pas réussi à renverser l’armée de verres remplis de jus de pommes qui attend en rangs bien serrés de se faire boire du côté de l’arrivée.

26 minutes et 51 secondes plus tard sonne enfin le glas du grand vainqueur : le chronomètre a désormais jeté son dévolu sur le Roi de la 2ème étape qui passe d’un pas alerte le fil de l’arrivée.

S’ensuit alors une interminable farandole d’êtres exténués, presque hagards mais ravis : l’enchantement a opéré. Les voix se délient, les sourires se multiplient. C’est enfin le soulagement tant attendu. Au travers de l’ancienne douleur, chaque trait de visage retrouve un air de vacances qui sent bon le bonheur. C’est l’instant particulier où chacun entre en lévitation personnelle. La fumée du barbecue se transforme alors en encens, les godets de rosé pamplemousse en pétales de rose… Oubliés les soucis quotidiens, les difficultés de la vie. Plus de barrières, plus de différences, le verre de l’amitié peut se boire sans frontière.

L’odeur de la saucisse grillée finit par réveiller les consciences ainsi que les estomacs. L’heure des agapes a sonné et heureusement que les chapiteaux tiennent le cap car la bise insiste toujours avec ses bourrasques glaciales. Mais qu’entends-t-on soudain ? De la musique ! Une fanfare vient d’apparaître : sa mélodie enveloppe gaiement la fête de sa couleur champêtre et encourage à prendre le temps et partager entre nouveaux amis ce moment tout à fait spécial.

Emballées par l’événement, Marguerite, Pâquerette et Clémentine, devenues les meilleures groupies de la course grâce au chant de leurs clarines, ont insisté pour apporter leur concours et prêter 3 bottes de paille en guise de podium. Bien leur en a pris car c’était juste ce qui manquait : les vainqueurs ont ainsi pu recevoir leur prix dignement des mains de Monsieur Le Maire et des organisateurs sous les commentaires sportifs du speaker.

La nuit, arrivée à pas de loup a finalement jeté son voile noir sur le petit village gaulois encore tout étourdi. Les derniers coureurs en profitent encore et l’heure est venu de faire le point : les organisateurs sont contents, tout le monde a pu « se soigner » dans de bonnes conditions. Le virus de la CAP a encore agi et tout s’est bien passé. Que n’a-t-on entendu d’éloges :

- "Courir à Veigy-Foncenex, c'était un pur bonheur", Gérard, Veigycien.

- "Des parkings aussi  proche du départ, jamais vu!" un coureur anonyme.

- "Un parcours magnifique.", un coureur anonyme.

- "Une superbe ambiance", Rueda, Veygicienne.

- "Merci à tous les bénévoles et au comité d'organisation", un coureur anonyme.

- "Une infirmerie TOP", médecin du Tour du Canton.

- "Un beau village", un coureur anonyme

C’est fait : chacun a pu repartir avec un bout de notre petit village dans le cœur et conservera pendant longtemps une image de joie et de bonne humeur.

La fête est finie. Dommage que ça passe si vite… Ce fut une belle aventure humaine et on en reparlera encore longtemps. Une autre fois peut-être.

Il est l’heure de ranger maintenant.

 

Merci à tout notre petit village de Veigy-Foncenex, à ses habitants, à la municipalité, merci à nos amis bénévoles, merci aux fanfares, merci à nos amis coureurs, merci à nos amis connus, amis inconnus.

Odile

 * CAP : Course à pied

 

 

 

 

 

commentaires

Domenech 13/06/2010 07:56


Je l'ai emmenée avec moi au .... CAP!


Superman 12/06/2010 20:36


Avec vos histoires, je me suis cassé la g.... en sautant par la fenêtre...
Quel est le c.. qui a piqué ma CAP !!!!!


Odile 12/06/2010 16:29


Faut voir : combien tu paies Lucio?


Lucio 12/06/2010 12:22


Bravo pour le compte rendu...
Tu es CAP de faire une suite Odile !!!!


Odile 12/06/2010 12:02


Ben ouais il faut bien causer pour faire causer. En tout cas merci pour vos gentils commentaires : ma prose est ainsi bien récompensée. Et contente d'avoir "émue"!

Pour técole : pas mal la transcrition de la CAP. Fais gaffe tu vas choper le virus!


sylvie 12/06/2010 08:13


Pour être franche: quand j'ai vu ce long texte ... pfeuuu me suis-je dit, pas le courage, trop long à lire, j'y reviendrai plus tard.
Voilà, c'est fait je suis revenue, j'ai lu et j'ai bien émue...
Bravo Odile : tu causes, tu causes mais surtout tu "proses"


Tecole 12/06/2010 07:55


C'était A Poster, Cet Article Poignant, ou Comment Apprécier Plus la CAP.


Chantal 11/06/2010 16:10


Bravo pour la rédaction ...... "Y sont complets ces "Traines la Grolle", hein Marguerite !!!!


Odile 10/06/2010 12:55


Ouais! Après, on pourra faire un livre "La CAP des Traînes la Grolle"


Jacques 10/06/2010 06:29


Juste pour avoir encore un article de cette qualité, on r'met ça !
CAP ou PAS CAP?