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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 18:41

 


Nous sommes le 13 du mois de juin. Qui plus est un vendredi. Superstition ?

Tel n’est pas le souci de l’équipe très affairée en ce jour fatidique.

Tous réunis dans le repère de Pépix à Foncenix, 9 irréductibles Traines la Grollix terminent leurs préparatifs en vue de l’assaut final.. Mais que concoctent-ils donc?

Depuis un mois, il est vrai qu’ils se retrouvent tous ensemble afin de mettre au point LA stratégie qui permettra à Jacadix de finaliser son rêve. Oui, mais quel rêve ? Il est vrai que cela fait des mois qu’il ne dort plus, qu’il ne mange plus, qu’il ne … (ça, il faudra le demander à Sylvix) mais par contre il court, il court, il court et il recourt ! Vous avez sûrement dû le voir sur les bords de route dévorer les kilomètres, avaler des heures de course, l’air soucieux et déterminé.. 

Son objectif : courir un jour 100 kilomètres d’affilée. Comme dirait Obélix : « Ils sont fous ces Veigyciens… ».

Et ce jour est arrivé : BIENNE ! Le voilà, il arrive, il est prêt.

Ils sont prêts.

Trois chars à bœufs sont parés, bourrés de victuailles diverses. Les chars à roue sont graissés, huilés, les lampes clignotantes révisées, les maillots nettoyés. N’oublions surtout pas les chausses Mizunix car celles-ci seront le principal objet nécessaire au défi que s’est lancé Jacadix dans le pays des Helvètes.

Toute l’équipe arbore fièrement le cadeau amoureusement concocté par notre amie Sylvix : de superbes tee-shirts rouges inscrits à l’effigie du club indiquant superbement le mot « STAFF ». Ca, c’est la classe !

Ca y est, c’est parti ! Pendant qu’un véhicule se rend à Genf chercher Totofix, tout ce petit monde se retrouve à la sortie de la ville. Un petit pipi et l’autoroute est à nous. Pépix qui croyait avoir trouvé un puit de pétrole nous arrose généreusement depuis son bus-à-bœufs d’une jolie petite pluie fine toute noire. Serait-ce en représailles de la hausse du gasoil à la pompe ? Nan nan nous assure-t-il, c’est le trop-plein ! C’est normal !

Ah bon. Tant mieux car nous ne sommes pas encore arrivés et en même temps que le prix du pétrole, la pression commence à monter.

Heureusement que la météo est avec nous : contrairement aux mauvaises annonces des jours précédents, le soleil fait son apparition et le paysage qui défile est magnifique.

Enfin, Bienne ! Tout le monde se détend, le bus-à-bœufs a tenu le coup et nous sommes arrivés à bon port. Par chance, un parking nous tend les bras à proximité du départ, avec en prime une table de jardin en pierre entourée de bancs qui ont l’air d’être là tout exprès pour nous. Génial ! Comme à la maison.

Puis c’est le déballage des affaires. Les accompagnateurs, Stéfanix, Totofix et Kristianix vérifient consciencieusement leurs 2-roues et terminent les derniers réglages. Epinglage du dossard pour le futur Cent-bornard. Epinglage également des dossards des 3 filles, Sylvix, Chantallix et Odilix qui viennent de s’inscrire pour 21 kilomètres de marche à pied à travers la campagne helvético-germanix.

Chacun s’affaire fiévreusement à sa tâche. « C’est l’heure » crie Talacollix, préposé principal à la cuisine. «Jacadix, viens manger tes pâtes ». Surtout, veiller à ce que son dernier repas soit pris suffisamment avant le départ prévu à 22h00. Jacadix est tendu. Il mange frénétiquement ses coquillettes beurrées. On le voit, son esprit est ailleurs perdu quelque part sur la ligne de départ.. Coucou, une photo Jacadix ?

Puis, joyeusement, tous les Traine la Grollix se retrouvent autour de la fameuse table de pierre pour à leur tour faire le plein avant la Grande Nuit. Les jeunes, Samix et Genix-Vincentix ont rejoint la petite troupe. Cela fait plaisir aux parents de voir leur rejeton les encourager par sa présence. Ils sont heureux.

Pendant que le froid accélère le rangement des affaires, nous terminons les derniers habillages et nous rendons sur les lieux du crime… heu de la course…

Un babillage suisse-allemand nous accueille au travers d’un porte voix tonitruant. C’est la fête. Divers stands publicitaires sont présents un peu partout. Si jamais, quelque chose a été oublié, aucun problème pour trouver la paire de chaussettes qui manque ou remplacer les vieux godillots de l’année dernière. Mais pas de souci : parmi les Traine la Grollix rien n’a été omis car tout a été soigneusement pensé et nos tee-shirts font sensation parmi la foule. Pour sûr, nous sommes des pro.

Bientôt 22 heures. La foule est tellement dense que nous trouvons le moyen de nous perdre. Panique. Ah, enfin Kristianix, Totofix et Stéfanix et leurs chars à roues. Allumés comme des vers luisants, ils sont largement repérables avec leurs frontales et leurs gilets fluo de la protection civile. Pas le moment de traîner : ils filent devant car leur départ est prévu avant les coureurs.. Ils retrouveront leur protégé dans 20 kilomètres. Au revoir. A demain...

Mais où sont donc Jacadix, Sylvix et Chantallix ? Après de longues minutes de recherches incessantes, Pépix et Odillix repèrent enfin les 3 compères. Talacollix a disparu, en route certainement avec son char à bœufs pour le prochain ravitaillement où il attendra Jacadix pour un premier massage de jambes.

L’émotion est palpable dans la foule de départ. Les applaudissements scandent les paroles du speaker. Malgré son sourire, l’esprit de Jacadix flotte au dessus de la masse. Sylvix aussi. Ambiance particulière. Il fait froid, le vent souffle mais en cet instant précis, tous les esprits réunis dans l’attente créent une tension chaleureuse qui réchauffe les cœurs. PAN. Le bloc de 2800 cent-bornards s’avance. Dernier bisous, dernières accolades, une larme. Salut Jacot ! Courage, bonne chance. A demain.

Allez, reprenons nos esprits. Dans 30 minutes, départ sera donné pour le walking de 21 kilomètres. Un petit coup d’œil au grand écran de la patinoire où nous voyons les Fouteux Gaulois en train de se prendre une pâtée monumentale. Atmosphère très festive de l’Euro 2008.

Après quelques vérifications de dossard, les 3 Falbalas de Veigix prennent le chemin du départ. Re-PAN. Pépix, la larme à l’œil, nous regarde partir. Tout seul, il repart vers son bus-à-bœufs… même pas Saga pour un câlin de consolation. Dur d’être blessé quand on aime courir. A tout à l’heure, à Aarberg, Pépix.

Nous attaquons notre virée dans une forêt de bâtons de marche. Dur de mettre un pas devant l’autre avec tous ces machins qui risquent à tout instant de nous faire des croche-pattes. Nous devons bien être les seules à marcher avec nos seuls pieds. Heureusement, il nous reste les mains pour parler.. La langue aussi. Un petit tour nous fait visiter le centre-ville de Bienne. Très joli. Les gens sont sympas et nous applaudissent. Quelques drapeaux français dans la rue font réagir Sylvix qui se souvient d’un coup qu’elle est française et crie tout de go : « Vive la France, vive la France, vive la France ». !!!!. Tout doux Sylvix, il nous reste encore 20 kil.

Un second tour, le même, nous fait douter de notre parcours. Et s’ils avaient décidé de changer le trajet et de le faire dans Bienne à tourner en rond ? Le doute s’installe. En plus pas de sous pour boire un café. Panique à bord. Comme en plus on ne parle pas le schweizer-deutsch, difficile de nous faire comprendre auprès des gens. Et Pépix qui nous attend à Aarberg, quel souci pour lui s’il ne nous trouve pas…

Au 3ème tour, enfin on change de trajectoire, en direction d’Aarberg. Et nous montons, montons au dessus de la ville, suivant le chemin des 100 kilomètres. Ca y est.. C’est vraiment parti. Nous sortons de la bourgade et arrivons dans la nuit noire. C’est magique. Bien sûr, nous papotons tout le long. Nous doublons beaucoup de bâtons, nous papotons, écoutons de la musique. Le rythme est bon. Chantallix trouve que ça chauffe dans ses baskets et sur les fesses. Odillix a la même impression. Sylvix avance à grands pas. Un petit pipi sur le bord du chemin. Vite. Retrouvailles. La nuit avale les kilomètres. Les lumières se profilent au loin laissant imaginer de petits villages locaux. Nous devinons de jolies fermes bien suisses, bien proprettes, qui pour notre passage ont laissé leurs projecteurs allumés au dessus de leurs jardins.

Puis soudain, c’est l’arrivée, un pont avec le toit en bois annonce la fin du parcours.. Un blouson rouge, Pépix à l’horizon. L’arrivée. Une médaille, pas de coup à boire, même rien à manger. C’est fini.

Pépix est content de nous voir arriver : habitué aux temps de course à pied, ces 3 heures lui ont paru longues et il craignait de ne pas nous voir arriver. Il faut dire que malheureusement, il était fortement déçu d’avoir loupé un marcassin sur la route : le pauvre était déjà mort et écrabouillé par le bus.. Dommage, ça aurait fait un beau festin pour la fin de l’histoire, le soir au coin d’un grand feu de camp !

A vive allure, si j’ose dire, dans le bus à bœufs, nous fonçons donc sur Kirchberg où nous retrouvons par miracle le doc, Talacollix, qui s’était perdu dans les embouteillages. Vite, au ravitos pour retrouver Jacadix et ses suiveurs. Les visages des coureurs sont marqués par la fatigue et le froid glacial : 56 kilomètres, ça use tout de même. Soudain, nos lucioles à nous arrivent avec un Jacadix éreinté, tout moulu. Descente de culotte, Talacollix le prend tout de suite en main pour un nouveau massage (des jambes, je précise), changement de tee-shirt. Sous les attentions de toute l’équipe, un bon thé chaud, il reprend vie en quelques minutes. On l’entend même dire, un peu hagard : « C’est sympa, hein, tu trouves pas que c’est sympa ? » Toujours émerveillé le jaco, en toute circonstances.

Puis, c’est un Jacadix nouveau qui repart dans le froid et le noir de la nuit. Il reste 44 bornes.

Nous repartons dans nos chars à la recherche de notre route : difficile de se retrouver dans ce canton barbaresque où les indications sont rares. Heureusement, Talacollix dispose d’une boîte à boussole bien pratique.

Malheureusement, le temps file et malgré les tartines beurrées de Pépix à Gerlafingen (67ème km), nous manquons Jacadix qui court toujours.. Sacrebleu, nous rangeons dardar tout notre matériel, tartines y compris et dégageons en direction de Bibern (76ème km). Dans la précipitation, le char à bœufs de Talacollix devient invisible et le bus à bœufs se retrouve perdu. Bouhhhh…

Heureusement que par les temps qui courent, les boîtes à causeries existent : ainsi nous réussissons à joindre « sur le fil » nos amis Talacollix, Sylvix et Chantallix. Nous nous nous retrouvons à Büren, avant-dernier ravitaillement et 88ème kilomètre. Et là, miracle : à 6h00 du matin, nous retrouvons notre coureur préféré dans un forme…. OLYMPIQUE. Incroyable ! A se demander à quoi ils l’ont gonflé cette nuit ? A peine le temps de boire un peu d’eau et c’est reparti. A DONF.

Dernière portion du parcours en char et bus à bœufs. Arrivée à Bienne. Beaucoup de monde. Nous attendons les Cent-bornards qui arrivent enfin..

Moment magique de cet instant présent. Chaque visage, chaque larme sont uniques et reflètent une émotion si intense qu’au final, c’est un bonheur unique qui rejaillit sur chacun ici présent..

Nous apercevons soudain notre Jacadix qui arrive accompagné de ses 3 coaches, Stefanix, Totofix et Kristianix.

Les bras levés en signe de victoire, sa victoire, leur victoire.. Sur son visage, c’est le bonheur, indéfinissable. 10h20 d’attente, de souffrances, de galères parfois.  Et enfin, l’Arrivée..

Puis d’autre émotions, les retrouvailles avec sa Muse, son Fillot.. Les yeux qui se mouillent… Pépix : « C’est qu’il nous ferait pleurer hein ? ». Oui Pépix, il nous a fait pleurer le Jacadix.. Parce que c’était trop, trop émouvant, trop beau, trop… les mots manquent pour raconter la «consistance» de l’instant tellement c’était fort et magique.

BRAVO. BRAVO à Jacques, bravo à Sylvie, bravo à toute l’équipe, Philippe, Chantal, Pépé, Stéphane, Christophe, Christian, à tous pour cette nuit folle, fantastique, incroyable…

 

Pleure pas Pépix, c’est vrai, tu l’as manqué ton marcassin, c’est pas grave, tu en retrouveras un autre, foi d….

 

 

commentaires

mick 18/06/2008 08:48

Apres un cent bornes, la prochaine etape c'est un 24h....Preparez la potion

Stefanix 18/06/2008 07:54

Vivement la suite des aventures de Jacadix.

lucix 17/06/2008 00:13

En résumé c'est Jacadix chez les Helvêtes

Jacadix 16/06/2008 20:09

Ben moi dimanche prochain je refais un 100 bornes pour avoir le plaisir de lire les bafouilles d'Odilix et de Sylvix

Sylvix 16/06/2008 20:08

Bravux Odilux, formidablux ton articlux !!! Ils sont fous ces veygiciens ! plein de mehnirs à tous !